C'était la campagne en 1966

« En revenant à Courdimanche j’ai retrouvé le goût du jardin. »

On venait de Verneuil, de l’autre côté de la colline. Le Crédit agricole ne prêtait que dans les communes rurales, et ils avaient le taux le plus bas, c’est pourquoi on a trouvé une maison ici, en février 66. On s’était marié fin 64, on n’avait pas beaucoup d’argent de côté.

En arrivant, on était un peu mal à l’aise, je sortais d’un pays où j’étais connu, et ici je ne connaissais personne, pas de train, pas de car, rien. C’était la campagne, il y avait des caniveaux avec des trous, les eaux des égouts stationnaient, ça puait, et les camions passaient juste devant la fenêtre.

A la mairie, on me disait que la route étant départementale et les trottoirs communaux, on ne pouvait pas vraiment faire quelque chose. Le maire, Rémi Allain, a fait refaire les trottoirs et les caniveaux. Tous les nouveaux ont fait changer la mentalité. J’étais bien avec le voisin, cultivateur, qui lui était arrivé ici aussi, et avec M. Fumery, qui venait du Nord.

Maintenant, ça change un peu trop, entre Préfecture et ici ils ont beaucoup construit. Il y avait des champs, des maraîchers, heureusement ils ont fait le golf pour séparer le nouveau Courdimanche et le village. J’ai peur que le golf soit un jour construit. Les gens du bas, on les rencontre lors de sorties.